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A MA ZONE - TOME 1

A ma Zone 1, sorti en 2010 aux éditions La passe du vent, est en vente au prix de 15 € (port compris) ici même.

Selectionné pour le Prix de l’inaperçu 2011
http://www.prixdelinapercu.fr/ledit...

Presse

[...] Claudine Lebègue fait défiler sans complaisance ses souvenirs d’enfance et de banlieue avec une gouaille touchante, une honnêteté, une sensibilité et une grâce qui font d’À ma zone un poème autobiographique attachant et digne. Sans misérabilisme, sans démagogie, les poches vides mais l’âme pleine, elle poursuit la tradition des auteurs-compositeurs populaires réalistes qui savent en quelques mots simples, avec ou sans musique, décrire la magie d’un instant, la rareté d’un moment fut-il banal et quotidien.
David Vauclair

[…] Un vrai texte de littérature, poétique et lumineux, sans complaisance, véritable hymne aux mélanges sociologiques et au métissage. Des chapitres courts, intenses, où le lecteur est constamment ému et surpris. Par la grâce de son écriture et sa lucidité généreuse, elle nous offre le portrait en creux d’une chanteuse qui ne se pousse pas du col, qu’on lit avec respect, admiration et bonheur [...]
Jean-rémi barland

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Préface de Jean-Pierre Siméon

À ma zone est un antidote, un puissant antidote. À quoi ? À la prolifération, qui nuit gravement à la santé mentale et morale de la population, de ces autobiographies en toc des dieux en toc de l’Olympe médiatique. [...] Alors donc tournons-nous vers Claudine Lebègue. « Nulle, désespérante, insolente, provocante » disaient d’elle ses professeurs. Je ne sais pas vous, mais moi je ne trouve rien de plus engageant qu’une telle carte de visite : on sera au moins préservé de toute druckérisation du propos. Il suffit d’ailleurs d’ouvrir le livre au hasard et de lire quelques lignes : on est vite rassuré, pas de « gentil-doux-mignon » ici, pas une once de complaisance, pas de circonvolutions stylistiques pour embobiner son monde. Il y a un ton qui ne trompe pas : vif, ferme, incisif, gouailleur et joueur souvent, oui, mais comme l’est l’enfant, avec impertinence et sans souci des conventions. Le style, c’est la femme : elle est comme ça, Claudine, franche, directe, vraie. Elle nous parle, accoudée au zinc, les yeux dans les yeux, et on sait d’emblée qu’elle ne ment pas, ne triche pas, ne se donne pas le beau rôle. Et pourquoi l’écoutons-nous, soudain, passionnément, bouche bée, cœur ouvert ? Parce que cette enfance qu’elle nous raconte, cette vie d’enfant en HLM à Villeneuve-la-Garenne parle au plus juste, au plus simple, de ces millions d’enfances en banlieue nord (attention, il ne s’agit pas d’un nord géographique, Vénissieux par exemple est une banlieue nord), enfances démunies, bousculées et avides qui comme les plantes coriaces poussent comme elles peuvent dans la pierre. Et il est si rare que s’exprime comme ici sans romance ni rancœur, cette enfance du pauvre. Si nous l’écoutons passionnément c’est qu’elle nous parle de ces petites gens, Ali, Bibi, Nini ou Zaza, qui ne cherchent pas à vivre plus que leur dû, de ce petit peuple dont nous sommes tous issus pour la plupart et dont on nous dit, voyons, qu’il a disparu… Oh, Claudine Lebègue prend bien garde de ne pas sacraliser, de ne pas « héroïser le populo », pas de démagogie ou de nostalgie lénifiante, le petit ordinaire des gens ordinaires est souvent brutal, mesquin et décourageant, l’humour ici n’étant comme souvent qu’une politesse de la misère… Mais À ma zone, parlant vrai et droit, rend aux petites gens, caricaturés par d’aucuns dans la « France d’en bas », une présence, indocile et digne, et c’est déjà leur rendre justice. Mais il y a autre chose encore de précieux dans ce livre et qui le fait si attachant pour moi qui comme beaucoup de lecteurs sans doute ai connu une enfance plus confortable. C’est qu’au-delà du contexte social, ce récit d’enfance et d’adolescence parle de toutes les enfances et de toutes les adolescences, de leurs défaites et de leurs joies, de leurs refus, de leurs manques insolvables comme de leurs faims et de leurs désirs incommodes. Voyez par exemple cet émouvant éloge du terrain vague : quel enfant n’a pas eu son terrain vague, sa zone libre, où, hors la loi, il faisait, le cœur battant, l’essai de l’inconnu et de l’interdit ? Pour moi, il était derrière la porte d’Ivry, et il demeure comme un arrière pays secret, le champ préservé d’une inquiétante et exaltante liberté… Et quel lecteur ne sera pas atteint au plus profond par cette remarque par exemple, magnifique axiome de toute enfance : « Enfant, je voyais la nuit venir avec son certificat d’abandon ! » Allons, il faut suivre Claudine Lebègue, de la mob à l’accordéon, dans sa « chevauchée des sentiments ». Pour rire, s’émouvoir, s’étonner, et se retrouver.

Jean-Pierre Siméon - 4 juin 2010

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